Qu’est-ce qu’une cornemuse ?
La cornemuse est un terme générique qui désigne une famille très ancienne d’instruments à vent qui se composent d’une réserve d’air (la poche, ou sac), sur laquelle des souches reçoivent le porte-vent, le hautbois, le ou les bourdons. Les anches placées sur le hautbois et les bourdons sont à l’origine du son. Les bourdons permettent l’émission d’un son continu de hauteur fixe, le hautbois la mélodie.
On les retrouve dans bon nombre de pays Européens, dans les pays du pourtour méditerranéen, etc.
En France, nous avons par exemple, le «biniou » (breton), la «cabrette» (auvergne), la «veuze»
(poitou, pays nantais), «la craba» (montagne noire du languedoc), «la boha» (landes de gascogne), «la chabreta» (Limousin)...
Qu’appelle-t-on chabrette ?
Le mot «chabrette» (chabreta en ‘Oc : petite chèvre) désigne, de façon générale, la cornemuse en Limousin.
Depuis la période revivaliste des années 70-80, le terme «chabreta» s’emploie plus spécifiquement pour nommer une cornemuse à miroirs, répandue dans la bordure ouest du Massif Central (aire culturelle Limousin-Périgord), où elle a été beaucoup jouée dans le courant du XIXème siècle à nos jours.
Chabrette ancienne collection MuCEM , 1943.140.10
Quelles sont les origines de la chabrette ?
Les origines précises de la chabrette restent encore une énigme.
De conception antérieure au XIXème siècle, elle fait partie d’une famille d’instruments décrite par Marin Mersenne dans l’Harmonie Universelle (1636), Hautbois et Cornemuses du Poitou.
Marin Mersenne , l’Harmonie Universelle, « les hautbois et cornemuses de Poitou », 1636
Des témoignages iconographiques et des écrits révèlent l’existence et la pratique de la cornemuse en Limousin depuis le XVIème siècle.
Toutefois, nous ne pouvons pas certifier dans ces différents cas que les termes «chabrette» ou «cornemuse» désignent exactement le même type d’instruments que ceux retrouvés au XXème siècle en Limousin.
Pratiques d’hier, pratiques d’aujourd’hui...
Sous l’ancien régime, les ménétriers - regroupés en corporations - sont au cœur de la vie sociale.
Ils pratiquent une musique le plus souvent non écrite et sont les spécialistes de la danse et de la musique à danser. Les musiques à bourdons sont omni-présentes dans leur répertoire. Ce mouvement va perdurer jusqu’à la fin du XVIIIème siècle.
Durant le XIXème siècle et après, les ménétriers sont le plus souvent des musiciens solistes qui poursuivent l’utilisation des anciens instruments.
A partir du premier quart du XXème siècle, la pratique de cet instrument s’essouffle et se voit peu à peu supplantée par des instruments dits « modernes », comme la clarinette, la carotte
(saxophone soprano), l’accordéon…
Ce n’est que dans les années 70 avec le «mouvement folk», que des musiciens retrouveront quelques « irréductibles » chabretaires, permettant ainsi le passage du relais aux générations actuelles.
Maintenant, même si on entend parfois la chabrette lors des concerts, des bals, des noces, ou autres fêtes populaires, la pratique de cet instrument reprend son souffle à tel point qu’il est même enseigné en école de musique. L’apprentissage se fait de façon orale
autour d’un répertoire de musique à danser traditionnelle et ancienne, musiques festives, porteuses d’énergie et d’émotions.